Je rebondis ici sur une note du blog ZALINKA concernant la prévention des accidents domestiques.
Ma réponse à sa proposition de mesures de prévention ayant été, comme souvent dans pareil cas et pareil sujet, été balayé d'un revers de main, en criant à l'inconscience et au déni du malheur d'autrui, ayant par ailleurs exercé mon droit de réponse mais ne voyant pas ma réponse publiée (s'autoriserait-on un droit de censure sur ce blog ?), je recours, très exceptionnellement, à l'auto-publication, pour débattre d'un sujet qui m'est cher : la dérive sécuritariste !
Voici la réponse à la réponse de ma réponse ( je précise qu'ici, le débat contradictoire est admis) :
"Je constate que le débat et l'échange
d'idées parfois contradictoires sont vite sanctionnés de poncifs
culpabilisants, mais il en faut plus pour me décourager ou me faire revenir sur
mes propos, qui, loin de trahir une mauvaise compréhension du sujet, venaient
rebondir sur ce post pour dénoncer la dérive sécuritariste dans laquelle notre
société et son modèle matriarcal castrateur tente de nous emmener.
Je suis biensûr totalement horrifiée, et
désolée, pour toutes les victimes d'accidents domestiques et leurs proches.
Quelle âme un tant soit peu humaine ne le serait pas ? Je pense notamment à
cette toute jeune fille, ayant perdu la vie quand sa tête heurta un
trottoir en faisant du roller, et ce, malgré le casque, à cette autre jeune
fille, traumatisée crânienne, en chutant de son lit en hauteur, pourtant bien
équipé de garde corps, de ce père de famille, plongé dans le coma après avoir
reçu sur la tête le contenu de l'élévateur lors de son déménagement, de ce
collègue qui perd un doigt en ouvrant une huître. Les accidents domestiques
sont terribles dans le fait qu'ils touchent à l'intime, au cocon, à la famille,
à ce qui d'ordinaire est synonyme de protection.
Et pourtant, on ne peut pas vivre dans de
la ouate. J'aimerais mais ne peux pas anticiper tous les accidents ou dangers
auxquels sont quotidiennement soumis mes enfants. Je tremble. Je cauchemarde.
Et pourtant je refuse que l'on me harcèle de lois, de normes, de décrets qui
finissent pare nuire aux libertés individuelles. Les grillages poussent autour
des piscines, et dispensent les adultes de leur devoir de surveillance. Oui, je
refuse que l'on m'impose de coller un sticker sur ma baie vitrée. A quand
l'interdiction des tables en verre, des coins pointus, des chaises de bar à la
raison qu'elles sont trop hautes, la limitation de la température de mon ballon
d'eau chaude à 35° pour m'éviter de me brûler, l'interdiction de tout ce qui
coupe, tranche, perce, chauffe, brûle. Fini les bougies parfumées ! Le monde
est dangereux. Encore plus dans son quotidien, justement parce qu'il est
quotidien, familier et que l'on ne s'en méfie pas. Il est totalement illusoire
de vouloir le transformer en caisson molletonné. D'ailleurs, on devrait
interdir le gêle, car cela rend les trottoirs glissants. Je persiste et signe
donc, sur le véritable motif de mon commentaire : l'opposition à toute dérive
sécuritariste.
Ma fille, adolescente, me faisait d'ailleurs très justement
remarquer qu'elle voyait sa génération comme une génération de personnes qui
ont grandi dans l'interdiction et la mise en garde. Qu'elle s'en rende compte à 14 ans seulement m'ébranle. "
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